HOW DID WE GET THERE? A brief retrospective of some of Montréal striking and exceptional designers <3

By Jean-Pascal Simard

From Gaby Bernier to Fecal Matter, I give you a brief portrait of local designers who have forged the Montreal fashion industry, thanks to their talent, creativity and perseverance. This series highlights the context in which these exceptional people have evolved and their remarkable contribution to our industry, because it is by understanding where we come from that we can better know where we are going, and our future looks particularly exciting!

De Gaby Bernier à Fecal Matter, je vous dresse un portrait sommaire de designers locaux qui ont forgé l’industrie de la mode montréalaise grâce à leur talent, leur créativité et leur persévérance. Cette série met de l’avant le contexte dans lequel ces gens d’exception ont évolué et leur remarquable contribution à notre industrie, car c’est en comprenant d’où l’on vient que l’on peut mieux savoir où nous allons, et notre avenir s’annonce particulièrement captivant ! 

John Warden  (1939 - 2007)

A remarkable illustrator, designer and businessman, Ontario's John Warden has moved to Montréal where he has built an international career spanning more than 40 years.

Born in Niagara Falls, Ontario, John Warden graduates with the highest honours from the famous New York Parsons School of Design in 1963 before moving to Montréal where he opens a boutique on Crescent Street in 1966. Franglais, his second collection that skilfully blends British and French inspirations, propels him to the forefront of Montréal and Canadian fashion. The effervescence of the 60s is felt through the work of the designer as his avant-garde and colourful creations mix with more sober garments in shades of black, beige and white, the designer's favorite colours at that time. Les Montréalaises quickly become interested in the designer's ready-to-wear collections that sport a young, lively and daring style inspired by his muse and wife, model Lise Gibeau. From Margaret Trudeau to Andrée Lachapelle and Denise Filiatrault, artistic and political celebrities are becoming fans of his style that perfectly embodies the needs of the Génération Yéyé.

Dessinateur, designer et homme d’affaires remarquable, l’Ontarien John Warden a élu domicile à Montréal où il s’est construit une carrière internationale qui s’échelonne sur plus de 40 ans.

Né à Niagara Falls en Ontario, John Warden gradue avec les plus grands honneurs de la célèbre Parsons School of Design de New York en 1963 avant de venir s’installer à Montréal où il ouvre une boutique sur la rue Crescent en 1966. Franglais, sa deuxième collection qui mélange habilement les inspirations britanniques et françaises, le propulse à l’avant-scène de la mode montréalaise et canadienne. L’effervescence des années 60 se ressent à travers le travail du designer alors que ses créations avant-gardistes et colorées se mélangent à d’autres plus sobres dans des teintes de noir, de beige et de blanc, couleurs fétiches du designer à cette époque. Les Montréalaises s’entichent rapidement des collections de prêt-à-porter du designer qui arborent un style jeune, vivant et audacieux inspirées par sa muse et épouse, la mannequin Lise Gibeau. De Margaret Trudeau à Andrée Lachapelle et Denise Filiatrault, les célébrités artistiques et politiques deviennent des inconditionnelles de son style qui répond à merveille aux besoins de la génération yéyé. 

At the same time, the designer creates collections faithful to the haute couture tradition as well as accessories and other fashion products that increase his popularity, both locally and internationally. This enthusiasm leads him to open a men's store on Bishop Street in 1968, which unfortunately does not have the expected success.

Parallèlement, le designer crée des collections fidèles à la tradition haute couture ainsi que des accessoires et d’autres produits de mode qui font croître sa popularité, tant localement qu’à l’international. Cet engouement le pousse à ouvrir une boutique pour hommes sur la rue Bishop en 1968 qui n’a malheureusement pas le succès escompté.

Nevertheless, like many of his Québec counterparts, the designer collaborates with various manufacturers and retailers, including a brief collaboration with Le Château, while creating uniforms for major events, such as Expo 67, the 1976 Olympic Games and the Vancouver World Expo in 1986, which establish his international reputation. His popularity is such that in 1977 he designs the wedding gown of his former model Ivana that she wears for her wedding to the future controversial US president who will leave office on January 20.

Néanmoins, comme beaucoup de ses comparses québécois, le designer collabore avec divers manufacturiers et détaillants, dont une brève collaboration avec Le Château, tout en participant à la création d’uniformes pour des événements majeurs, dont Expo 67, les Jeux olympiques de 1976 et l’Exposition universelle de Vancouver en 1986, qui établissent sa notoriété sur la scène internationale. Sa popularité est telle qu’il dessine en 1977 la robe de mariée de son ancienne mannequin Ivana qu’elle porte pour son mariage avec le futur président américain controversé qui quittera ses fonctions le 20 janvier prochain.

Like many fashion companies of the 1970s and 1980s, Warden International launches a licensing program that promotes the brand through a wide range of collections and accessories for women and children sold internationally.

In 1991, John Warden moves to the West Indies, where he lives until the end of his career, returning regularly to Montréal, where he dies in 2007, without ever having stopped presenting collections each year. Many Canadian honours, including the Melcher Award he receives in 1973 for his contributions to "the exceptional growth and dynamism of the Canadian fashion industry," highlight his work. A fierce designer, John Warden has an enviable position alongside the great international designers, including Yves Saint Laurent with whom he shares a first place in the Designer of the World competition. His career remains an example for many young Montréal designers who want to successfully cross eras and continents.   

Comme beaucoup d’entreprises de mode des années 70 et 80, Warden International lance un programme de licences qui fait connaître la marque à travers une vaste de gamme de collections et d’accessoires pour femmes et enfants vendue à l’international. 

En 1991, John Warden déménage aux Antilles où il habite jusqu’à la fin de sa carrière, revenant régulièrement à Montréal où il décède en 2007, sans jamais avoir cessé de présenter des collections à chaque année. De nombreuses distinctions canadiennes, dont le prix Melcher qu’il reçoit en 1973 pour son apport « à la croissance et au dynamisme exceptionnels de l’industrie de la mode canadienne » soulignent son travail. Designer acharné, John Warden a une place enviable aux côtés des très grands designers internationaux, dont Yves Saint Laurent avec qui il partage une première place au concours Designer du monde. Sa carrière demeure un exemple pour beaucoup de jeunes designers montréalais souhaitant réussir à traverser les époques et les continents avec succès. 

Références

Léo Chevalier  (1934 - 2000)

A talented designer with an incredible business sense, Montréal’s Léo Chevalier has established a strong brand in his 25-year career that still resonates today.

Designer de talent avec un sens des affaires inouï, le Montréalais Léo Chevalier a su établir, en 25 ans de carrière, une marque forte qui résonne encore aujourd’hui.

A graduate of Montréal’s École des métiers commerciaux in the early 1960s, Léo Chevalier works in the Montréal retail industry until he begins creating custom-made evening gowns that attract wealthy local customers. With this experience, he opens the Salon Cheval in 1966, a haute couture house established in a former stable on Saint-Mathieu Street, which he keeps open until 1971, trying to impose his Parisian business model inspired vision during these five years. Unfortunately, this vision is out of step with this era where customers only have eyes for ready-to-wear. He then changes his tune and sharpens his business acumen by working with manufacturers to develop and distribute his products on a much larger scale. This association proves very successful, thanks in part to coats, natural furs and numerous uniforms, including those of Air Canada, which allows the designer to expand and make his name known, not only domestically but internationally.

Diplômé de l’École des métiers commerciaux de Montréal au début des années 60, Léo Chevalier évolue dans l’industrie montréalaise du détail jusqu’à ce qu’il se lance dans la création de robes de soirées sur mesure qui attirent une clientèle locale aisée. Fort de cette expérience, il ouvre le Salon Cheval en 1966, une maison de haute couture établie dans une ancienne écurie de la rue Saint-Mathieu, qu’il garde ouverte jusqu’en 1971, tentant d’imposer pendant ces cinq années sa vision inspirée du modèle d’affaires parisien. Malheureusement, cette vision est décalée avec cette époque où la clientèle n’en a que pour le prêt à porter. Il change alors son fusil d’épaule et aiguise son sens des affaires en collaborant avec les manufacturiers pour développer et diffuser ses produits à beaucoup plus grande échelle. Cette association s’avère fort fructueuse, entre autres grâce à des manteaux, des fourrures naturelles et de nombreux uniformes, dont ceux d’Air Canada, qui permet alors au designer de prendre de l’expansion et de faire connaître son nom, non seulement au pays mais également à l’international.

In 1979, he launches Decadance, his signature perfume, achieving what few Québec designers have done during their careers, even to this day. And success is there because the fame of Léo Chevalier is enviable throughout the country. During that period, the designer’s fashion shows represent the ultimate in Canadian fashion, while his high end creations are adapted in ready-to-wear garments that are widely disseminated, again thanks to his manufacturing associations.

En 1979, il lance Decadance, son parfum signature, réalisant ce que peu de designers québécois ont fait au cours de leur carrière, même à ce jour. Et le succès est au rendez-vous car la renommée de Léo Chevalier est enviable au pays. À cette même époque, les défilés du designer représentent le nec plus ultra de la mode canadienne, et les créations haut de gamme se déclinent en vêtements de prêt à porter diffusés à grande échelle, toujours grâce à ses associations manufacturières. 

A talented and meticulous designer, Léo Chevalier has little interest in the passing fads of the 60s and 70s, trading vulgarity for luxury, quality and detail. The Pierre Cardin du Nord, as he is known at the time, is an exceptional designer who creates unique pieces and dresses a generation of Québécois and Canadians. His work is recognized with numerous awards, including the Order of Canada, which he receives in 1979. Although suffering from Alzheimer’s disease in the late 1980s, Léo Chevalier presents a final collection in 1990, and passes away in 2000, leaving behind a considerable fashion heritage and a brand that has gone through time to be still present in Québec haberdasheries today.

Créateur talentueux et minutieux, Léo Chevalier a peu d’intérêt pour les modes passagères des années 60 et 70, troquant la vulgarité contre le luxe, la qualité et le détail.  Le Pierre Cardin du Nord, comme on le surnomme à l’époque, est un designer exceptionnel qui crée des pièces uniques et habille toute une génération de Québécois et de Canadiens. Son travail est récompensé de nombreux prix, dont l’Ordre du Canada qu’il reçoit en 1979. Bien qu’atteint de la maladie d’Alzheimer dès la fin des années 80, Léo Chevalier présente une dernière collection en 1990, et s’éteint en 2000, laissant derrière lui un héritage mode considérable et une marque qui a traversé le temps pour être encore présente dans les merceries québécoises aujourd’hui. 

Références

CBC

Musée McCord

Université de Sherbrooke


Marielle Fleury  (1929)

After four years of studies at the École des beaux-arts de Montréal, a training in sewing and a few years working in the fashion industry, Montréal-born Marielle Fleury opens her own studio in 1953 in her parents' basement at only 24 years of age. Her growing popularity with Montréal's women leads her to relocate to Saint-Denis Street, then to Sherbrooke Street, where she welcomes many television and theatre celebrities. A seasoned seamstress, she creates cocktail dresses and evening gowns that follow major French trends, like many of her peers at the time.

Après quatre années d’études à l’École des beaux-arts de Montréal, une formation en couture et quelques années à oeuvrer dans l’industrie de la mode, la Montréalaise Marielle Fleury ouvre son propre atelier en 1953 dans le sous-sol de ses parents à seulement 24 ans. Sa popularité grandissante auprès de la gente féminine montréalaise la pousse à se relocaliser sur Saint-Denis, puis sur la rue Sherbrooke où elle accueille de nombreuses célébrités de la télévision et du théâtre. Couturière aguerrie, elle crée des robes cocktail et des robes du soir qui suivent les grandes tendances françaises, comme bon nombre de ses comparses de l’époque.

 

It is in 1958, however, that her career really takes off when, in her desire to stand out, she creates and presents a collection made from raw materials, woven and dyed by local artisans at the Salon de l'agriculture de Montréal. Without knowing it, she lays the foundations for a Québec identity inspired by our terroir, but endowed with a modernity well of its time. This local flavour creativity encourages her to promote collaborative work with various weavers and artists that she puts forward through sober, simple and refined designs, always with the aim of paying tribute to the nobility of the material used.

C’est par contre en 1958 que sa carrière prend vraiment son envol alors qu’en voulant se démarquer, elle crée et présente une collection confectionnée dans des matières brutes tissées et teintes par des artisans locaux au Salon de l’agriculture de Montréal. Sans le savoir, elle établit les bases d’une identité québécoise inspirée de notre terroir, mais pourvue d’une modernité bien de son temps. Cette créativité à saveur locale la pousse à favoriser le travail collaboratif avec divers tisserands et artistes qu’elle met de l’avant grâce à des designs sobres, simples et raffinés, toujours dans l’optique de rendre hommage à la noblesse de la matière utilisée. Des boutons de bois et des ajouts de cuir viennent compléter ses designs élégants, offerts dans des couleurs et des imprimés riches, novateurs et inspirants. Ce travail minutieux, propre à la haute couture, lui confère une forte réputation et une popularité qui la mène à ouvrir une boutique sur la rue Crescent en 1962. Les années 60 sourient à la Montréalaise car elle fait partie d’une mission commerciale européenne qui lui permet de faire voir son travail et ses créations, tout en attisant la curiosité des Européens pour l’exposition universelle de 1967 qui a lieu à Montréal, alors qu’elle y habille les hôtesses du pavillon des provinces de l’Atlantique.

She closes her shop in 1968 and focuses her career on the creation of coats, a wise choice for the designer who will evolve in this industry throughout the 70s and 80s in collaboration with various brands and manufacturers.

Elle ferme sa boutique en 1968 et oriente sa carrière vers la création de manteaux, un choix judicieux pour la créatrice qui évolue ainsi dans cette industrie tout au long des années 70 et 80 en collaboration avec diverses marques et manufacturiers. 

Marielle Fleury's professionalism and creativity makes her an excellent asset to LaSalle College's fashion design program, where she works throughout the 90s until her retirement in 2000, only a few years before I start teaching there. Her exceptional career earns her the Order of Canada in 2001, crowning the hard work of an exceptional Montréalaise who paved the way for a generation of designers for whom material is at the heart of creation.

Le professionnalisme et la créativité de Marielle Fleury font d’elle un excellent atout au programme de dessin de mode du Collège LaSalle au sein duquel elle travaille durant toutes les années 90 jusqu’à sa retraite en 2000, quelques années seulement avant que j’y enseigne. Son exceptionnelle carrière lui vaut d’être décorée de l’Ordre du Canada en 2001, couronnant ainsi le travail acharné d’une Montréalaise d’exception qui a pavé la voie à toute une génération de designers pour qui la matière est au coeur de la création.

references

Jacques de Montjoye  (1928)

Né en France, Jacques de Montjoye s’installe à Montréal à la fin des années 40 après avoir débuté sa carrière à Paris. Fort de son expérience française, il collabore à la mise en place de l’Association des couturiers canadiens en 1954, et participe la même année au premier défilé collectif de l’association, présenté au Ritz-Carlton à Montréal et à l’hôtel Pierre à New York. C’est le début d’une carrière prolifique et variée, où la créativité et le design engagé sont à l’honneur.

Born in France, Jacques de Montjoye moved to Montréal in the late 1940s after starting his career in Paris. Drawing on his French experience, he helps set up the Association des couturiers canadiens in 1954 and the same year, takes part in the association's first collective show, presented at the Ritz-Carlton in Montréal and at The Pierre in New York City. It is the beginning of a prolific and varied career, where creativity and committed design are in the spotlight.

Jacques De Montjoye souhaite habiller les Montréalaises de la tête aux pieds et leur prodiguer des conseils pour un look soigné. Ainsi, comme beaucoup de ses compères de l’époque, il ouvre une boutique sur la rue Crescent en 1964 où objets anciens et vêtements pour femmes, et pour hommes en 1967 dans un nouveau local sur la même rue, se côtoient dans un décor vibrant. Alors que son nom devient rapidement synonyme de bon goût tout au long des années 60, le designer voit ses collections défiler sur les podiums montréalais et canadiens. Parallèlement, sa notoriété se développe grâce à une collaboration mode pour une émission de télévision, et par la publication de son ouvrage Savoir s’habiller

Jacques De Montjoye wants to dress Montréalaises from head to toe and gives them advice for a neat look. Thus, like many of his friends at the time, he opened a store on Crescent Street in 1964 where antiques and women’s fashion, and men's fashion in 1967 in a new location on the same street, rub shoulders in a vibrant décor. While his name quickly becomes synonymous with good taste throughout the 1960s, the designer sees his collections parade on the Montréal and Canadian catwalks. At the same time, his notoriety grows, thanks to a fashion collaboration for a television show, and the publication of his book Savoir s’habiller.

Provocateur et un peu bad ass, Jacques de Montjoye définit les bases du style montréalais en proposant des vêtements éclatés, brisant les normes et les codes vestimentaires, et imposant ses opinions sur la mode et sur la société à travers ses designs. Sa robe Mon pays c’est l’hiver, un  hommage à Gilles Vigneault, ou l’ensemble Vietnam, qui dénonce la Guerre du Vietnam, détonne avec les valeurs de la société québécoise qui s’éveille très doucement aux grands enjeux et changements sociaux. Comme beaucoup d’autres, le designer partage sa vision et son talent par l’entremise d’Expo 67, alors que Montréal se révèle au monde et met de l’avant le talent et la créativité de ses designers sur la scène internationale. 

Provocative and a bit bad ass, Jacques de Montjoye sets the foundations of Montreal style by proposing bold fashion, breaking norms and dress codes, and imposing his opinions on fashion and society through his designs. His dress Mon pays c’est l’hiver, a tribute to Gilles Vigneault, or his Vietnam ensemble, which denounces the Vietnam War, contrasts with the values of Québec society who’s slowly awakening to major social issues and changes. Like many others, the designer shares his vision and talent through Expo 67, as Montreal reveals itself to the world and showcases the talent and creativity of its designers on the international stage.

Au début des années 70, le designer montréalais ajoute une corde à son arc et se tourne vers l’enseignement, partageant sa créativité avec la relève à travers les programmes de mode du Collège Marie-Victorin, ainsi qu’en mettant sur pieds de nombreux concours, entre autres avec l’Amérique latine dont la culture le fascine. 

In the early 1970s, the Montreal designer adds a string to his bow and turns to teaching, sharing his creativity with a new generation through Collège Marie-Victorin fashion programs, as well as by setting up numerous competitions, among others with Latin America, whose culture fascinates him.

Fidèle Montréalais du Plateau, Jacques de Montjoye est encore régulièrement invité à partager son savoir et ses connaissances de la mode et du bon goût dans les médias, alors que sa candeur et son esprit vif se révèlent aussi fascinants à découvrir qu’à ses débuts. 

A faithful Montréalais from the Plateau, Jacques de Montjoye is still regularly invited to share his knowledge of fashion and good taste in the media, while his candour and quick wit are as fascinating to discover as when he first started.

La Presse

McCord

Gaby Bernier (1901 - 1976)

At the beginning of the 20th century, when the ateliers of Frederick Worth and Jean Patou are taking the Parisian gratin by storm, Montréal is slowly developing and industrializing, watching with interest what is happening on the other side of the Atlantic, thanks to newspapers and magazines that, let's face it, are much slower to update than an Instagram story.

Au début du 20e siècle, alors que les ateliers de couture de Frederick Worth et Jean Patou enflamment le gratin parisien, Montréal se développe et s’industrialise lentement, observant avec intérêt ce qui se passe de l’autre côté de l’Atlantique grâce aux journaux et aux magazines qui, avouons-le, sont beaucoup plus lents à mettre à jour qu’une story Instagram.

Québec's bourgeoisie and elite, where politics, arts and economy rub shoulders, are infatuated by the new refined and elegant French creations available at Holt Renfrew. It is in this effervescence of the 1920s that Gaby Bernier opens her own atelier on Peel Street and, while drawing inspiration from the greatest Parisian designers, develops a style of her own and attracts the favour of the Montréal clientele. Thanks to her dresses decorated with fur, sequins, rhinestones and pearls, the flappers of the French speaking metropolis, who attend various variety shows at music halls and cabarets, as well as many other artistic and social events that make the city famous, fall in love with her designs. Because oui oui, Montréal fashion has always been an integral part of the city’s nightlife, whose festive reputation is well established around the globe.

La bourgeoisie et l’élite québécoises, où se côtoient la politique, les arts et l’économie, s’entichent des nouvelles créations françaises raffinées et élégantes disponibles entre autres chez Holt Renfrew. C’est dans cette effervescence des années 1920 que Gaby Bernier ouvre son atelier sur la rue Peel et, tout en s’inspirant des plus grands designers parisiens, développe un style bien à elle et s’attire les faveurs de la clientèle montréalaise grâce à ses robes ornées de fourrure, de paillettes, de strass et de perles dont raffolent les flappers de la métropole francophone qui fréquentent alors, les variétés, les music halls, les cabarets et les événements artistiques et mondains faisant la renommée de la ville. Car oui oui, la mode montréalaise a toujours fait partie intégrante du nightlife de la ville, dont la réputation festive n’est plus à faire.

Unlike the Parisian ateliers offering tailor-made dresses, Gaby Bernier offers ready-made models to meet a growing demand. Her trouser suits and accessories, as well as her contribution to the world of costumes and her first solo show in 1938 make her a pioneer of Montreal fashion, whose legacy is matched only by the longevity of her career, as she closed her atelier in the late 1950s.

Contrairement aux ateliers parisiens préconisant le sur mesure, Gaby Bernier offre des modèles tout faits pour répondre à une demande grandissante. Ses tailleurs pantalons, ses accessoires ainsi que sa contribution au monde du costume et ses premiers défilés en solo dès 1938 font d’elle une pionnière de la mode montréalaise dont l’héritage n’a d’égal que la longévité de sa carrière, alors qu’elle ferme sa boutique à la fin des années 1950.

Inspired by various cultures, her travels, social movements and the people she meets, Gaby Bernier pushes her creativity and entrepreneurial spirit to introduce fashion and couture to Québec women. She perfectly represents Montréal fashion and has paved the way for many other designers to come, some of which I will introduce over the next few weeks.

Inspirée de diverses cultures, de ses voyages, de mouvements de société et des gens qu’elle a rencontrés, Gaby Bernier pousse sa créativité et son esprit entrepreneurial pour introduire la mode et la couture aux Québécoises. Elle représente parfaitement la mode montréalaise et a tracé la voie à de nombreux autres designers à venir, que je vous présenterai dans les prochaines semaines.

références

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